Mission à Gourcy (3)
Après une courte -et suffocante- nuit nous prenons le petit déjeuner en compagnie de Quentin, Zoé et leurs 2 charmants enfants –Daphné et Lucien-, une petite réunion informelle est ensuite programmée. Le Maire de Gourcy et 2 autres coopérants (Un Français –Christian- et une Belge –Delphine- y prendront part). Cette réunion aura pour but de nous éclairer un tant soit peu sur la situation socio-économique du pays. Je prends quelques notes en vrac et à la volée : la monnaie en cours est le franc CFA et 1000 Francs CFA valent +/- 1,5 euros (cours de juillet 2005). Le salaire d’un ouvrier de base est de 28.000 F CFA soit quelques 45 euros mensuels. Un instituteur peut quant à lui espérer 40.000 F CFA mensuel en début de carrière et jusque 100.000 F CFA en fin de carrière. Un cadre supérieur recevrait en revanche un salaire net d’environ 250.000 FCFA, nous précise le Maire.Les deux principaux partis politiques en présence sont l’ ADF-RDA (Alliance pour la Démocratie et la Fédération + Rassemblement Démocratique Africain) qui, selon les termes de son Président Gilbert Ouedraogo, est un parti libéral, celui des indépendances, et aussi le premier parti d’ opposition au Burkina Faso. Le deuxième parti, majoritaire, est le CDP (Congrès pour la Démocratie et le Progrès). Ce dernier, se définissant comme un parti social-démocrate, est né de la fusion de 13 partis et formations politiques diverses. Le président élu, Blaise Compaoré, appartient évidemment à cette formation de même que Dominique Ouedraogo, le Maire de Gourcy qui nous accueillera prochainement dans sa commune.
Côté agriculture, les principales ressources sont le mil, le sorgho, la mangue et le coton cultivés généralement sur de modestes parcelles appartenant à de petits propriétaires équipés d’outils rudimentaires.
A la fin de cette réunion informelle, le Maire de Gourcy s’inquiète à nouveau de n’avoir toujours pas de nouvelles de nos bagages disparus la veille. Pour tenter de nous dépanner il contacte par téléphone le tailleur de Gourcy afin qu’il nous confectionne d’urgence un costume.
Je me demande à quoi vont ressembler ces vêtements étant donné qu’il ne connaît pas notre taille et ne nous a pas mesuré !
Quoi qu’il en soit, nous décidons néanmoins de passer quelques heures dans le centre-ville afin de nous constituer un semblant de garde-robe. Dans une superette du coin, je dégotte quelques vêtements qui feront l’affaire : 2 t-shirts, 4 paires de chaussettes, 4 slips, une chemise et un pantalon, le tout pour 21.000 francs (CFA) ou 30 euros.
Sur les trottoirs, on peut voir une multitude de petits commerces où on l’on peut tout acheter : des plats cuisinés, du charbon de bois, des pilons de poulet ou des chaînes de vélos, des casquettes de rappeurs ou des cassettes vidéos, il y des ateliers de petites mécaniques, des réparateurs de machines à coudre, des vendeurs de sucreries (limonades), de CD ou de cartes téléphoniques, j’en passe…….
Les ordures sont omniprésentes. Une odeur âcre prend parfois à la gorge. Dans ce quartier, par exemple, les égouts sont à ciel ouvert.
La population est à la fois curieuse et aimable à notre égard. Les conversations s’engagent vite. Il n’y a aucune agressivité ou de racisme perceptible.
Un peu partout à travers la ville, on distingue les silhouettes des mosquées, des églises ou des temples protestants « Toutes ces religions vivent en bonne harmonie ici, nous avait dit ce matin Dominique Ouedraogo, moi même je suis catholique et ai fait une bonne partie de mes études au petit séminaire, par contre mon frère est musulman, cela n’empêche aucunement les bonnes relations avait précisé le Maire ».
Le soir venu, nous partagerons un excellent spaghetti que Zoé nous a préparé. Nous passons le reste de la soirée dans la serre a discuter. Pendant ce temps, sur les murs, les geckos font leurs numéros d ‘équilibristes.
Je téléphone à Marie –Hélène et Pablo pour leur donner quelques nouvelles puis joue un peu avec Daphné. La fille de Quentin et Zoé va à l’école dans un lycée français. Un établissement fréquenté par des enfants de coopérants étrangers, d’hommes d’affaires ou de notables burkinabés..
« Ces derniers vivent parfois complètement en dehors de la réalité, déplore la maman de Daphné, alors que le pays connaît de graves problèmes d’approvisionnement en eau, certains parents d’élèves que nous côtoyons à l’école semblent n’avoir d’autres problèmes que de trouver un chlore de bonne qualité pour désinfecter la piscine!"

















